La zone euro doit renforcer son fonds de secours, disent Japon et GB
23/02/2012 | 00:10
La zone euro doit
renforcer son fonds de secours et faire davantage d'efforts pour
résoudre durablement la crise de la dette avant que le Japon et
la Grande-Bretagne n'envisagent d'accroître leurs contributions
au Fonds monétaire international (FMI), estiment les ministres
des Finances des deux pays.
Dans une tribune conjointe publiée jeudi dans le Financial
Times, le chancelier de l'Echiquier britannique George Osborne
et son homologue nippon Jun Azumi déclarent n'être prêts à
participer à l'accroissement des ressources du FMI que si des
conditions strictes sont remplies.
Cette prise de position intervient deux jours après que la
zone euro est parvenue à un accord sur un deuxième plan de
renflouement pour la Grèce (voir ) et à 48 heures
d'une réunion des ministres des Finances du G20, samedi et
dimanche au Mexique. (voir )
"Les pays de la zone euro ont fait des progrès mais il faut
encore faire davantage pour parvenir à une solution durable. Le
Japon et la Grande-Bretagne sont des soutiens de longue date du
FMI et nous sommes prêts à apporter notre contribution à
l'effort mondial si certaines conditions sont remplies",
écrivent George Osborne et Jun Azumi.
Ils précisent qu'ils ne soutiendront pas une proposition qui
prévoirait l'attribution de nouveaux fonds spécifiques à la zone
euro et jugent que toute aide de la part du FMI doit être
subordonnée à toutes les conditions habituelles imposées par le
Fonds. De plus, les ressources supplémentaires injectées dans le
FMI doivent provenir d'un large éventail de pays, estiment-ils.
"Fondamentalement, les ressources du FMI ne doivent pas se
substituer à des mesures additionnelles de la part de la zone
euro pour soutenir sa monnaie. La zone euro doit accroître les
ressources de son pare-feu afin que les marchés se rassurent
quant à sa capacité à faire face à toute éventualité", ajoutent
les deux ministres.
Le FMI cherche à accroître sa puissance de feu en levant 600
milliards de dollars (450 milliards d'euros) supplémentaires
pour pouvoir prêter aux pays souffrant des retombées de la crise
de la dette dans la zone euro, mais ce projet se heurte à la
résistance de plusieurs capitales, dont Washington et Ottawa
(voir )
Face à la crise de la dette souveraine, les Européens se
sont dotés d'un Fonds européen de stabilité financière (FESF) et
doivent mettre sur pied cette année un Mécanisme européen de
stabilité (MES).
(Fiona Shaikh, Jean Décotte pour le service français)