STMICROELECTRONICS : La téléphonie, mais pas seulement
|
Analyse du 16/02/2012 | 10:38
|
Eligible au PEA / SRD : OUI / OUI EURONEXT PARIS Semi-conducteurs |
Forces : positions fortes sur certains marchés
Faiblesses : difficultés en téléphonie mobile, métier cyclique, concurrence
Raisons de la Recommandation :
Le retournement de conjoncture s’est fait sentir dès le troisième trimestre pour la société qui avait déjà publié une baisse de 8 % de ses ventes, prévenait que le reste de l’année ne serait pas meilleur et affecterait probablement aussi la rentabilité. En cause, entre autres, les difficultés de Nokia, qui ne cesse de perdre des parts de marché et qui a dû adopter en fin d’année dernière un drastique plan de restructuration. Au-delà d’un simple ajustement de stocks, assez fréquent dans la profession, c’est bien la demande finale qui a commencé à s’essouffler dès le début de l’été, et a continué à se dégrader par la suite, avec une franche aggravation en fin d’année. Le dernier trimestre a enregistré une baisse de plus de 20 % des ventes par rapport à 2010, affectées notamment par sa co-entreprise ST-Ericsson, détenue avec le suédois Ericsson dans la téléphonie mobile.
Au final, alors qu’au début de l’année une croissance de 5 % environ était escomptée pour l’ensemble du secteur, c’est finalement sur un repli de 6 % de son chiffre d’affaires que la société a achevé son exercice, avec un résultat d’exploitation de seulement 121 m$ contre 580 et un résultat net de 650 m$ contre 830 en 2010, la marge brute étant revenue de son côté de 39,9 à 33,4 %.
La téléphonie reste évidemment le principal sujet de préoccupation, puisque ST Ericsson a dû prendre des mesures de chômage partiel pour limiter sa perte d’exploitation, perte qui s’élève malgré tout à plus de 800 m$ pour des ventes de 1,5 Md. Mais, d’une manière plus générale, c’est l’ensemble des produits électroniques grand-public qui souffre d’un manque de croissance, doublé d’une solide concurrence. Il suffit de lire les communiqués des intervenants du secteur, qu’il s’agisse de Sony ou de Sharp par exemple pour mesurer que c’est bien l’ensemble du secteur qui est affecté ; l’avertissement de Texas Instruments aux Etats-Unis en fin d’année prouve bien que le problème est mondial y compris pour les producteurs, et compte tenu du fait que STMicroelectronics vend ses produits aussi bien pour les périphériques informatiques que pour l’automobile, secteurs concurrentiels et sensibles à la conjoncture, c’est l’ensemble des activités qui manque de croissance.
Le marché a été prévenu que le premier trimestre de cette année serait de la même veine, et pourrait même être encore plus difficile pour la filiale de téléphonie, dont les ventes devraient être « en déclin très significatif ». Dans ces conditions, le groupe prévoit une baisse de 4 à 10 % de son chiffre d’affaires pour les trois premiers mois de l’année, avec sans doute une nouvelle dégradation des marges. Plus que le sens, qui ne surprend pas, c’est la fourchette, large, qui peut inquiéter ; elle laisse penser que le management se trouve devant une situation qu’il ne maîtrise pas et qu’il ne peut exclure une dégradation plus prononcée ou plus durable.
Objectifs de cours :
Le cours de l’action n’a jamais réussi à se reprendre durablement depuis l’éclatement de la bulle internet en 2003, où il avait touché un point bas à 12 €. Malgré quelques rebonds épisodiques, il n’a jamais pu retrouver ce niveau, principalement en raison bien sûr de son métier, cyclique, de la concurrence que les fabricants asiatiques exercent, des parités de change pas toujours favorables, de la co-entreprise avec Ericsson, et naturellement des crises qui se succèdent. Le cours actuel, un peu supérieur à 5 €, a des difficultés à reprendre de la hauteur, il reste proche de ses points bas de l’été, alors que l’ensemble de la cote a bien rebondi depuis le début de l’année.
Etant donné que le management se montre plus que prudent pour l’exercice en cours qui débute dans une conjoncture globale très incertaine, qu’il va falloir patienter au moins jusqu’au printemps pour espérer anticiper un redressement de la demande, nous ne pouvons pas recommander l’action à l’achat sur un plan fondamental. Les incertitudes liées à son métier sont trop grandes, son positionnement pourrait faire l’objet d’une réévaluation de la part de la direction, mais cela reste du domaine de la spéculation. Etant donné la volatilité dont elle fait preuve, l’action est réservée aux opérateurs de très court terme qui privilégient les écarts rapides.Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
| Partager sur |
|
|
|
|
|
|
Avertissement : Les analyses réalisées par la société Surperformance, éditrice du site zonebourse.com, n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou autre produit financier. La responsabilité de la société Surperformance ainsi que ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
Les informations, graphiques, chiffres, opinons ou commentaires rédigés par les équipes de rédaction de Surperformance éditrice du site zonebourse.com s‘adressent à des investisseurs disposant des connaissances et expériences nécessaires pour comprendre et apprécier les informations qui y sont développées. Ces dernières sont diffusées à titre purement indicatif, Surperformance ne peut en garantir l’exactitude ou la fiabilité.
|
|
|
|
| Profitabilité |
2012e |
2013e |
|
Marge d'exploitation (EBIT / CA)
|
-3,57% |
4,02% |
|
Levier opérationnel (Delta EBIT / Delta CA)
|
# |
25,5x |
|
Marge Nette (RN / CA)
|
-0,55% |
4,23% |
|
ROA (RN / Total Actif)
|
-2,73% |
3,28% |
|
ROE (RN / Capitaux Propres)
|
2,68% |
5,30% |
|
Ratio Versement Dividende
|
-546% |
81,5% |
|
|
|