LEGRAND : Un retour justifié
Forces : Qualité de la gestion, solidité financière
Faiblesses : sensibilité partielle à la conjoncture
Raisons de la Recommandation :
L’an passé à cette époque, le cours de l’action de 29 € nous semblait refléter correctement le potentiel de l’entreprise, et nous jugions que si l’on pouvait le conserver dans une optique de long terme, en revanche, pour l’acquérir, il était préférable d’attendre un repli. Après une poursuite de la tendance haussière qui est allée jusqu’à un cours de 32 €, il aura fallu patienter un an pour qu’il reflue et se trouve maintenant autour de 23 / 24 €. La décrue avait commencé au printemps, lors de l’annonce d’une nouvelle de vente de titres de la part des actionnaires de référence que sont Wendel et KKR, mais la crise de cet été l’a amplifiée ; dès lors, que faut-il en penser ?
Sur un plan industriel, la société poursuit sa stratégie d’acquisitions ciblées, tant en France que dans les pays en croissance. Après avoir repris les sociétés Asian Switchgear, Inform, MetaSystem Energy ou encore l’américain Electrorack, elle a acheté en tout début d’année un leader français de la téléassistance, Intervox Systèmes, puis un leader, américain encore, des armoires pour applications vidéos, Middle Atlantic Products, ainsi qu’une société brésilienne spécialiste des onduleurs, SMS. Tous ces achats qui devraient générer autour de 200 m€ de ventes supplémentaires, ont pour but de compléter l’offre du groupe, tout en le faisant accéder davantage aux économies en croissance, ou il escompte réaliser à terme la moitié de ses ventes, car c’est là-bas que la progression des ventes est la plus vive, mais pas seulement.
En effet, l’entreprise s’est positionnée sur les nouveaux besoins environnementaux d’optimisation de l’énergie, de gestion de l’habitat, mais aussi ceux nés du vieillissement des populations, en proposant des produits qui répondent aux différents besoins. Ces nouveaux segments de marché enregistrent également une progression de 15 % à structure et taux de change constants, et représentent désormais plus de 20 % des ventes totales ; ce n’est plus négligeable, et le seul secteur de la construction, au sens classique du terme, n’est plus l’unique champ d’intervention de l’entreprise. De plus, l’innovation est activement poussée, de nouveaux produits sont lancés en permanence, qu’il s’agisse d’appareillages dédiés, d’applications pour le pilotage à distance des systèmes résidentiels, ou de nouvelles gammes d’armoire ou de cheminement de câbles.
En termes d’activité, jusqu’ici l’exercice en cours se déroule assez favorablement ; sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires (3,15 Md€) avance de 9,6 %, dont 7 % en interne, et le management confirme pour l’exercice entier une progression de ses ventes de 5 % hors acquisitions ; si les pays émergents progressent de 15 % sur les neuf mois, il faut aussi relever que l’Europe ne se comporte pas si mal, avec 6,8 % de croissance, y compris la France qui enregistre un taux de 6,6 %. Par ailleurs, la rentabilité n’est pas négligée, l’objectif du groupe étant de réaliser une marge opérationnelle autour de 20 % contre 16 % dans les années 2000 et 14 % dix ans auparavant. Il semble bien en voie d’être atteint puisque le résultat opérationnel à fin septembre était de 656 m€ soit une marge de 20,9 %, légèrement inférieure à ce qu’elle était au 30 juin et aux 21,3 % de septembre 2010, du fait des acquisitions qui pèsent sur la rentabilité ; quant au résultat net, il se montait à 389 m€, chiffre à rapprocher des 421 m€ réalisés au cours de tout l’exercice 2007, avant la crise. Sur un plan financier l’évolution est donc également satisfaisante, même si la dette nette à fin septembre a légèrement progressé à 1,33 Md€ (contre 1,3 Md), et si le cash-flow libre a également faibli à 382 m€ contre 477 en 2010.
Objectifs de cours:
Sur un plan boursier, si l’allègement de la position des actionnaires a pesé au printemps sur le cours de l’action, le fait que leur pacte ait été prolongé de cinq ans, jusqu’en avril 2016, devrait rassurer les investisseurs. En revanche, le ralentissement conjoncturel constaté en Europe et aux USA pourrait peser sur les chiffres du dernier trimestre et du premier de 2012, ce qui peut expliquer la frilosité du marché à l’égard de l’action qui vient d’intégrer pourtant l’indice CAC 40, retrouvant ainsi une place pleinement justifiée.
Pour notre part, nous redevenons positifs sur la société, dont le cours de 24 € capitalise 12 fois le bénéfice attendu cette année et 11,8 fois celui estimé pour l’an prochain par le consensus, ratios assez conservateurs. Il nous semble d’une part que la société est mieux armée qu’en 2009 pour traverser un ralentissement qui devrait être moins prononcé qu’à l’époque, et d’autre part que le cours actuel en prend déjà en compte une partie, bon nombre de révisions en baisse ayant été annoncées. Nous conseillons donc de procéder à une première tranche d’achat, que l’on pourra compléter si le cours à la publication des comptes 2011, début février, revenait vers 20 / 21 €. Cet investissement se conçoit dans une optique de moyen terme, avec un objectif de cours à nouveau au-delà de 28 € dans quelques trimestres.
Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
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Valorisation |
2012e |
2013e |
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PER (Cours / BNA)
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13,4x |
12,4x |
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Capitalisation / CA
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1,49x |
1,42x |
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Valeur Entreprise / CA
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1,73x |
1,60x |
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Valeur Entreprise / EBITDA
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7,73x |
7,09x |
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Rendement (DPA / Cours)
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3,77% |
4,10% |
| Profitabilité |
2012e |
2013e |
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Marge d'exploitation (EBIT / CA)
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18,9% |
19,2% |
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Levier opérationnel (Delta EBIT / Delta CA)
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- |
1,43x |
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Marge Nette (RN / CA)
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11,6% |
12,2% |
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ROA (RN / Total Actif)
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7,95% |
8,30% |
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ROE (RN / Capitaux Propres)
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16,7% |
16,9% |
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Ratio Versement Dividende
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50,6% |
50,8% |
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